FC136 - VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : FACTEURS PREDICTIFS DE REPERAGE PRECOCE. ETUDE CAS-TEMOINS DANS UN SERVICE D'ACCUEIL DES URGENCES EN 2015.

Flash Communication

Déborah VERNUDACHI (1), Marine NOLLET (2), Isabelle REVIL (3), Karim TAZAROURTE (4), François-Xavier AGERON (5)

1. SAU-SAMU, CHANGE, Annecy, France 2. Médecine Générale, Libéral, Contamine sur Arve, France 3. SAU-SMUR, Centre Hospitalier Alpes Léman, Contamine sur Arve, France 4. SAU-SMUR, Hôpital Edouard Herriot , Lyon, France 5. SAU-SMUR, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois , Lausanne, Suisse

Diffusion le 05/06/2019

INTRODUCTION : Une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales (VC). Le médecin et le personnel soignant des urgences sont parfois les premiers interlocuteurs des victimes. L’objectif est d’identifier des facteurs prédictifs pour un dépistage ciblé des femmes victimes de VC.

MATERIEL ET METHODE : Etude cas-témoins monocentrique entre le 01/02/2015 et le 31/12/2015. Inclusion de patientes de plus de 15 ans identifiées «violences conjugales» aux Urgences (base de donnée déclarée CNIL). Les témoins ont été sélectionnées au hasard chez les consultantes aux urgences de plus de 15 ans. Nous avons réalisé une analyse multivariée par régression logistique (backward stepwise) avec violences conjugales comme outcome et différentes caractéristiques démographiques, sociales et médicales comme variables indépendantes (âge, statut marital, nombre d’enfant, CSP, assurance santé, revenu de solidarité active, non maitrise de la langue, maladie mentale, maladie chronique, handicap, addiction à l’alcool, heure et jour de consultation, nombre de passages antérieurs, catégorie diagnostic). Un modèle de Least Absolute Shrinkage and Selection Operator (LASSO) a été effectué afin de valider la sélection des variables indépendantes.

 

RESULTATS: Dans le groupe cas, 122 patients ont consulté aux Urgences avec la circonstance « violences conjugales». Le groupe témoin était constitué de 200 femmes sélectionnées aléatoirement. Parmi elles, 11 femmes ont été exclues (10 victimes de VC et 1 doublon).  Les femmes victimes de VC ont une moyenne d’âge de 35 ans. 71% sont nées dans un pays à haut revenu. 64% sont mariées ou en concubinage. 65% ont au moins un enfant. 66% travaillent et 17% appartiennent aux catégories socio-professionnelles +(CSP 2,3,4). 15% présentent une maladie mentale, 22% une maladie chronique et 7% un handicap. Les facteurs associés aux violences conjugales étaient âge, statut marital (mariée, concubinage, divorcée), non maîtrise de la langue, handicap, addiction à l’alcool, consultation en nuit profonde et jours de garde, consultation pour traumatisme physique.

CONCLUSION: Notre étude permet d’identifier des facteurs ou des situations à risque de VC permettant un dépistages aux urgences. Des formations ciblées sur «L’abord des victimes lors de consultation aux urgences» pourrait avoir un impact bénéfique dans les situations identifiées par cette étude. Une étude multicentrique permettrait d’améliorer la validité externe de cette étude.