FC033 - Recensement des complications des AVC ischémiques thrombolysés à la phase aigüe et leur impact sur le mode transfert inter-hospitalier de ces patients

Flash Communication

Nicolas Roché (1)

1. Urgences, SAMU, SMUR, Centre Hospitalier de Niort, Niort, France

Diffusion le 06/06/2019

Introduction : Le développement et l’extension d’indication de la thrombectomie mécanique dans la phase aigüe de l’AVC entraîne un nombre accru de transferts de patients thrombolysés, médicalisés dans la plupart des cas, vers les UNV de recours. Cette étude a pour objectif de recenser le nombre de complications ayant nécessité une intervention médicale ou paramédicale urgente, survenant dans les 24 premières heures suivant le début de la thrombolyse afin d’évaluer la nécessité de médicalisation des transferts inter-hospitaliers de ces patients.

Matériel et Méthode : Il s’agit d’une étude épidémiologique observationnelle rétrospective sur 2 centres disposant d’une UNV de territoire, reposant sur l’analyse des dossiers médicaux des urgences et de neurologie à la recherche d’une dégradation neurologique (NIHSS, Glasgow), d’une complication cardio-vasculaire (paramètres hémodynamiques), d’une défaillance respiratoire (oxygène, ventilation), ou de la nécessité d’un geste urgent.

 

Résultats : L’étude s’est portée sur 430 patients. 22 patients (5.1%) ont présenté une complication ayant nécessité une intervention médicale urgente, parmi lesquelles 5 hémorragies intracérébrales graves et 4 détérioration neurologique d’origine œdémateuse, 6 détresses respiratoires, 3 réactions anaphylactoïdes, 3 épistaxis, 1 choc indéterminé. 3 patients ont été intubés au total. 91 patients (21.1%) ont nécessité la perfusion continue d’antihypertenseur à la phase aigüe de leur prise en charge.

 

Discussion : Les résultats de cette étude vont dans le même sens que de précédentes études, avec un effectif plus grand et sont rassurant quant au faible taux de complications graves. Elles ne sont cependant pas inexistantes, et de plus s’agissant de patients relevant de soins intensifs nécessitant une surveillance rapprochée concernant les ACSOS, notamment la tension artérielle avec 1 patient sur 5 qui nécessite un traitement intra-veineux à la seringue électrique, une paramédicalisation du transport semble donc justifiée. Une étude prospective serait souhaitable pour renforcer ces résultats et étudier le profil des patients susceptibles de s’aggraver.

 

Conclusion : Le faible nombre de cas de complications graves post thrombolyse fait remettre en question la médicalisation systématique des patients transférés. Un transfert infirmier inter-hospitaliers avec mise en place de protocoles semble la meilleure option afin de garantir sécurité au patient et épargner la mobilisation inutile d’un médecin.

Tags : AVC thrombolyse transfert médicalisation