FC112 - Prise en charge des victimes de violences conjugales aux urgences.

Flash Communication

Mouna HANEBALI (1), Marie SOULAT (1)

1. Urgences-SAMU-SMUR, Centre Hospitalier de la Côte Basque, Bayonne, France

Diffusion le 05/06/2019

Introduction : Les violences conjugales (VC) représentent un enjeu de santé publique aux conséquences désastreuses sur la santé à court, moyen et long terme. Les urgences sont en première ligne de leur prise en charge. En effet, en Novembre 2015, le ministère de la santé a nommé un médecin référent VC dans chaque service d’urgence. Un protocole de prise en charge des victimes de VC a de ce fait été mis en place dans notre service d’urgence. L’objectif de l’étude est d’étudier les caractéristiques des victimes de VC consultants notre service d’urgence et d’évaluer la qualité de leur prise en charge. 

Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude épidémiologique descriptive mono-centrique menée sur une période d’un an. Toutes les victimes de VC majeures, détectées aux urgences ou en régulation au SAMU ont été incluses. Les caractéristiques épidémiologiques, certaines de leurs particularités (grossesse, addiction, pathologies psychiatriques), le moment, le motif initial de consultation et leur prise en charge aux urgences ont été décrits. 

Résultats : 79 victimes ont été incluses dans notre étude. Il s’agit principalement de femmes (96%) jeunes (76%), consultant majoritairement la nuit (58%) et le week-end (28%). Les VC (34%), la traumatologie (32%) et la psychiatrie (16%) sont les motifs principaux de consultation. 9% étaient enceintes, 18% ont fait des tentatives de suicide dans la semaine, et un tiers déclare subir des violences répétées. 47% ont bénéficié d’une prise en charge médico-psycho-sociale complète. 37% ont déposé plainte. 

Discussion : Cette étude a permis d’une part d’encourager certains points de la prise en charge déjà en place et de les améliorer comme la mise en place d’un parcours de soin dès la régulation du SAMU, la priorisation de ces victimes aux urgences, l’instauration d’un suivi à la sortie des urgences. Et d’autre part de dégager des pistes d’amélioration par la poursuite de la sensibilisation et de la formation du personnel des urgences ; et d’étendre cette évolution des pratiques à tout type de maltraitance, notamment par la création d’une unité de victimologie.

Conclusion : Les urgences représentent une porte d’entrée privilégiée des victimes de VC. La sensibilisation au repérage et la formation des urgentistes sont les premières étapes d’une prise en charge efficace et pluridisciplinaire.

Tags : Violences conjugales urgences victimes prise en charge