CP085 - Pourquoi tant de prélèvements sanguins hémolysés au Service des urgences ?

Majd Ramlawi (1), Bernard Mugnier (1), Sebastien Arcis (1), Josette Simon (1), Olivier Golaz (2), Christophe Marti (1), Francois Sarasin (1), Olivier Rutschmann (1)

1. Service des Urgences, Hôpitaux universitaires de Genève, Genève, Suisse 2. Laboratoire de Chimie Clinique des Urgences, Hôpitaux universitaires de Genève, Genève, Suisse

Diffusion le 06/12/2015

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Objectif : L’hémolyse in vitro est une complication fréquente de prélèvements effectués au service des urgences (SU), particulièrement lors de prélèvements par canules veineuses périphériques. Ceci peut avoir des conséquences négatives sur la qualité des soins et le flux des patients. L’objectif de cette étude est d’évaluer la prévalence de l’hémolyse et d’en décrire les facteurs de risques.

Matériel et méthodes : Etude prospective sur trois mois au SU d’un CHU (60'000 passages/année). Inclusion : tout adulte (> 16 ans) pour lequel au moins un dosage du potassium sérique a été effectué. Pour chaque patient inclus, un questionnaire évaluant les caractéristiques du patient et les pratiques de prélèvement a été complété.

Résultats : Sur 2125 prélèvements, 15.1% étaient hémolysés. Les prélèvements sur canule étaient majoritaires (53%) ; 21.2% des échantillons prélevés sur canules étaient hémolysés contre 6.3% lors de prélèvement direct (Valeur p = 0.000). Dans un modèle d’analyse multivariée, le taux d’hémolyse était plus marqué chez les patients de plus de 80 ans [OR=2.1 (IC95 %:1.05–7)], lors de  prélèvements effectués sur la main [OR= 2.7 (IC95 %: 1.7– 4.1)], lorsque la veine était difficile à détecter [OR= 2.6 (IC95 %: 1.7–4.2)] et lorsque le reflux sanguin dans le tube de collecte était perçu comme lent [OR= 4.7 (IC95 %: 3.3–6.8)]. Au contraire, le risque d’hémolyse était fortement réduit lors de prélèvement direct en comparaison au prélèvement par canule veineuse périphérique [OR=0.35 (IC95 %:0.2–0.5)].  Aucun des autres paramètres analysés (expérience du professionnel, durée du garrot, diamètre du cathéter, survenue de complications locales lors du prélèvement) n’était statistiquement associé à un risque accru d’hémolyse.

Discussion : Cette étude montre un taux d’hémolyse in vitro supérieur au seuil recommandé (<4%). Parmi les facteurs potentiellement modifiables, le mode (par une canule veineuse) et le site de prélèvement (en distalité du membre supérieur) sont les plus fortement associés à un taux élevé d’hémolyse. Ces résultats nous incitent à repenser nos pratiques, incluant une réflexion plus large sur les indications de la pose de cathéters veineux.

Conclusion : Les prélèvements directs à l’aiguille et au pli du coude devraient être privilégiés afin de réduire au maximum le risque d’hémolyse chez des patients admis au SU.

Tags : hémolyse in vitro prélèvements urgences