FC058 - Intérêt d'une analgésie myofasciale sous échoguidage dans la PEC de la lombalgie aigue commune : étude comparative non randomisée

Flash Communication

Nicolas Marjanovic (1), Riad Jreige (2), Olivier Choquet (3), Francois Jedryka (2), Marin Jubre (2), Sophie Lefebvre (2), Xavier Capdevila (3), Mustapha Sebbane (2)

1. Département de médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France 2. Département de Médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France 3. Département d'anesthésie-réanimation, CHU Montpellier, Montpellier, France

Diffusion le 06/06/2019

INTRODUCTION : le lumbago est une pathologie à forte incidence avec un retentissement socio-économique majeur. Devant le peu d’efficacité des thérapeutiques médicamenteuses, l’équipe d’Anesthésie en collaboration avec les Urgences a développé une technique  d’infiltration sous échoguidage d’un mélange d’un anesthésique local et d’un corticoïde dans les fascias des muscles paravertébraux. Cette étude compare l’efficacité de cette technique par rapport au traitement médicamenteux de référence seul dans la prise en charge de la lombalgie aigue commune.

METHODES : étude d’évaluation des pratiques, menée d’avril 2017 à octobre 2018. Les patients âgés de ≤70 ans admis pour une lombalgie aigue commune évoluant depuis 6 semaines maximum, et présentant une douleur > 3/10 et une incapacité fonctionnelle > 5/24 sur l’échelle EIFEL sont inclus.  Les patients ayant une lombalgie secondaire, une anomalie de l'hémostase ou de la coagulation, une allergie aux anesthésiants locaux sont exclus. Les patients bénéficient soit d’une infiltration myofasciale, soit du traitement médicamenteux standard (analgésique, AINS, myorelaxant) en cas de refus ou absence d’opérateur formé (bras contrôle). La prise en charge est associée à la prise en charge globale recommandée comportant une prescription de sortie d’antalgiques et d’AINS, et kinésithérapie. Les patients sont évalués avant puis à 1h post traitement et par rappel téléphonique à J1 et J7 de la prise en charge. Les critères d’évaluation sont  la douleur (évaluée sur une EN de 1-10), l’incapacité fonctionnelle (échelle EIFEL de 0-24), et la consommation d’antalgiques.

RESULTATS : 98 patients ont été inclus dont 75 infiltrés et 25 contrôles. Les 2 groupes sont comparables à l’admission : douleur (EN : 8 [7-10] vs 8 [7-8], p=0.57),  incapacité fonctionnelle (Eifel : 19 [15-24] vs 18 [13-21], p=0.08). L’infiltration apporte une amélioration significative de la douleur dès 1h (Δ EN : 4.6 [IC 95% : 3.4-5.3] vs 2.5 [1-4]) et jusqu’à J1 (Δ EN : 4.7 [4.2-5.2] vs 2.8 [1-4]) et de l’incapacité fonctionnelle à J1 (ΔEifel : 6.8 [IC95% : 5-9] vs 1.8 [-2-5]. Une épargne d’antalgique de palier I est observée à J1 (p=0,04) et J7 (p=0,07)  dans le groupe infiltré. CONCLUSION : Ces résultats encouragent à mener une étude contrôlée randomisée pour conforter le bénéfice immédiat de l’infiltration myofasciale sur le traitement médicamenteux standard, permettant le retour rapide à une mobilisation quasi-normale.

Tags : Lombalgie aigue commune infiltration myofasciale antalgie analgésie douleur anti-inflammatoire non stéroïdien