FC111 - Intérêt d'un dépistage systématique, fait aux urgences, des violences intra familiales contre les femmes.

Flash Communication

Maria FERRARI (1), FREDERIQUE BROSIN-DOUTAZ (2)

1. , Centre Hospitalier Mayotte, Paris 18, France 2. SAU, Robert Ballanger, Aulnay Sous Bois, France

Diffusion le 05/06/2019

Introduction : les violences conjugales sont un problème d’actualité, qui a des lourdes conséquences sanitaires et économiques. Les services d’urgences, carrefours des premiers effets de la violence, semblent être un des meilleurs endroits pour leur dépistage, car lieu de premier recours de la femme victime. Pourtant, le dépistage systématique entre difficilement dans la pratique des médecins.

Matériel et méthode : il s’agit d’une étude unicentrique descriptive réalisée aux urgences générales, durant les 7 jours de la semaine, H24. Une interne a questionné à propos des violences toutes les patientes de plus de 15 ans consultantes aux urgences pour toute raison médicale ou traumatologiques. Les critères d’exclusion étaient une incapacité d’expression ou de compréhension, l’installation directe en salle de déchocage ou une douleur cotée EVA > 6/10.

Résultats : 256 patientes ont été incluses dans l’étude. 40 femmes (15,6%) avaient été victimes de violences dans l’enfance, dont 24 (60%) sont devenues victimes à l’âge adulte. Parmi les 216 femmes non victimes dans l’enfance,57 (26,4%) sont devenues victimes à l’âge adulte. 97 femmes (37,8%) ont été victimes de violence soit dans l’enfance soit à l’âge adulte. 54 femmes (21%) ont été témoins de violence dans l’enfance. Au total, 118 femmes (46%) ont été exposées à la violence, en étant soit témoin de violence dans l’enfance soit victime de violence (enfance ou âge adulte). La prévalence des pathologies psychiatriques, gynécologiques, traumatologiques et la consommation des médicaments est significativement plus élevée chez les femmes exposées à la violence que chez les femmes qui n’ont pas été exposées à la violence (81,4% vs 42%, 52,5% vs 35,5%, 71,2% vs 42% et 26,3% vs 13% respectivement). 249 femmes (97,3%) se déclarent en faveur d’un dépistage systématique des violences fait aux urgences.

Discussion : être exposée à la violence en jeune âge est un facteur de risque de devenir victime à l’âge adulte ; l’exposition à la violence est corrélée positivement avec les pathologies psychiatriques, gynécologiques, traumatologiques et la consommation des médicaments.

Conclusion : Questionner systématiquement les patientes dans les services d’urgences permet de repérer les femmes victimes de violences conjugales, premier pas vers une meilleure prise en charge et orientation vers les structures adaptées. L’acceptabilité d’un tel dépistage a été presque plébiscitaire.

Tags : Violence conjugale dépistage systématique service d'accueil des urgences