FC225 - Existe-t-il des disparités entre milieu rural et urbain en fonction du sexe chez les patients thrombolysés suite à un AVC ?

Flash Communication

julie freyssenge (1, 2), laurie FRATICELLI (3), clément claustre (4), Magali BISCHOFF (5), Laurent DEREX (6), Norbert NIGHOGHOSSIAN (6), Carlos El KHOURY (7, 8), Groupe RESUVal (9)

1. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, LYON, France 2. EA7425 HESPER, Health Services and Performance Research, Université Claude Bernard, Lyon 1, LYON, France 3. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, Vienne, France 4. réseau RESUVal, centre hospitalier lucien hussel, vienne, France 5. Cellule de Coordination, Centre hospitalier de Vienne, VIENNE, France 6. Neurologie, Hôpital neurologique, LYON, France 7. Urgences, Centre hospitalier de Vienne, VIENNE, France 8. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, CH Vienne, vienne, France 9. réseau des urgences de la vallée du Rhône, RESUVal, Centre hospitalier de Vienne, vienne, France

Diffusion le 05/06/2019

Introduction. Les caractéristiques des territoires semblent influer sur les pratiques et les pathologies. C’est notamment le cas des disparités qui existent entre zones rurales et urbaines. Pour le traitement de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC), la proportion de patients traités par activateur tissulaire du plasminogène (r-tPA) est plus importante dans les hôpitaux urbains que ruraux par exemple. Notre étude vise à évaluer si une disparité de prise en charge et de pronostic fonctionnel existe entre patients thrombolysés de sexe différent, selon s’ils proviennent de zone rurale ou urbaine.

Méthode. Les patients traités par r-tPA entre 2010 et 2016 dans les six UNV de notre réseau ont été inclus. Des analyses ajustées sur l’âge et des modèles multivariés ont été réalisés. L’analyse multivariée permet de déterminer si le lieu de survenue (rural/urbain) a un impact sur la mortalité et le handicap à 3 mois (mRS), selon le sexe du patient.

Résultats. Durant les six années, 2790 patients ont été thrombolysés, dont 1275 (45.7%) femmes (77 ans en âge médian) et 1515 (54.3%) hommes (71 ans en âge médian). Les femmes ayant eu un AVC dans une zone urbaine avaient plus de chance d’être admises directement en UNV (34.28% vs 29.58%, p=0.0169), une fois ajusté sur l’âge ce constat était moins marqué (33.83% vs 29.68%, p=0.0546). Dans les modèles multivariés, le type de territoire n’influence pas la mortalité des patients. Cependant, des symptômes survenus en milieu rural sont un facteur de risque chez les femmes (RR 1.26 [1.03 ; 1.55], p=0.0219) en multivarié, d’un mRS plus faible à 3 mois.

Discussion. Les femmes ont plus de chance d’être admises directement en UNV depuis un milieu urbain. Toutefois, une fois ajusté sur l’âge, la différence est moins marquée, ce qui s’explique par la plus forte proportion de femmes de plus de 80 ans inclues. Par ailleurs, la survenue de symptômes en milieu rural semble être un facteur de risque de plus faible pronostic fonctionnel à 3 mois chez les femmes. Les raisons de ce constat peuvent être la plus grande proportion de femmes seules et les temps de trajet plus grand jusqu’à la plus proche UNV.    

Conclusion. Une différence semble exister dans l’accès au traitement et le pronostic à 3 mois des patients selon le sexe et le lieu de survenu de l’AVC. En effet, les zones rurales sont un facteur explicatif de moins bon accès direct à l’UNV et de moins bonne récupération fonctionnelle à 3 mois.

Tags : rural urbain AVC sexe