FC310 - Evènements indésirables médicamenteux liés aux antalgiques : étude de cohorte rétrospective

Flash Communication

Pablo Mirabail (1), Francois Jedryka (1), Vincent Gourhant (1), Damien Perier (1), Maxime Villiet (2), Sophie Lefebvre (1), Nicolas Marjanovic (3), Mustapha Sebbane (1)

1. Département de Médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France 2. Pharmacie, CHU Montpellier, Montpellier, France 3. Département de médecine d'urgence, CHU Montpellier, Montpellier, France

Diffusion le 06/06/2019

INTRODUCTION : La iatrogénie est responsable d’environ 115000 hospitalisations annuelles avec comme trio de tête des molécules responsables les psychotropes, les anticoagulants et les antalgiques.

OBJECTIF : Evaluer l’association entre prise d’antalgiques et survenue d’évènements indésirables médicamenteux (EIM) chez les patients adultes admis aux urgences pour toutes causes mais ayant au moins un antalgique ou co-antalgique dans leurs traitements.

MÉTHODES : Étude rétrospective sur données existantes basée sur un observatoire des EIM (URGEIM) mené depuis 2011 dans notre SAU. Les données des patients ayant au moins un antalgique ou co-antalgique dans leurs traitements ont été extraites de la base de données et analysées. Le diagnostic et la nature de l’EIM sont validés lors de concertations pluridisciplinaires hebdomadaires (pharmaciens, urgentistes et pharmacovigilance). L’association entre l’antalgique et l’EIM est testée en univariée, pour chaque type d’antalgique. Les EIM imputables à un antalgique et ceux non imputables sont comparés par test de Student/Fischer, avec seuil de significativité α = 5%.

RÉSULTATS : 6 429 patients ayant au moins 1 antalgique ont été inclus. 5 766 (89%) patients étaient sous antalgique palier I, dont 5 299 (82%) sous paracétamol. 477 (7%) étaient sous antalgique palier III. 1 172 (18%) patients ont présenté un EIM imputable à un de leurs traitements. 566 (48%) EIM étaient graves (sources d’hospitalisations ou de décès). 1 003 (86%) EIM n’étaient pas dus à un mésusage. 363 (31%) EIM étaient liés à un antalgique. Parmi eux, 113 (31%) concernaient un palier I, 134 (37%) un palier II, et 112 (31%) un palier III. L’automédication est associée à la survenue d’EIM imputables au paracétamol (OR = 3,8 (IC 95% [1,35 - 10,64])), ou aux AINS (OR = 3.65 (IC 95% [1,60 - 8,30])), avec respectivement 9 EIM sur 19 et 19 EIM sur 56. L’automédication par AINS est associée à la survenue d’évènements digestifs (OR = 3,35 (IC 95% [1,46 - 7,75])). Les EIM liés aux paliers III les plus fréquents étaient les troubles digestifs et les troubles neurologiques, avec respectivement 50 (45%) et 88 (79%) EIM. 26 (30%) troubles neurologiques étaient imputés au fentanyl (p = 0,056 ; OR = 2,78 (IC 95% : 0,98 - 8,38)).

CONCLUSION : Nos résultats concordent avec ceux de la littérature, et valident la base de données URGEIM comme un outil robuste d’analyse des EIM. Un tel support peut permettre également de tester de potentielles interactions médicamenteuses.

Tags : iatrogénie antalgiques opioïdes effets indésirables facteurs de risque