CP02 - Evaluation de l'efficacité et de le nature de l'analgésie aux urgences

Communication Libre

Eve KAMMER (1), Jean Paul LORENDEAU (2), Anne LAGARDE (2), Benjamin SALEZ (2), Georges KASKAS (2), Michel GALINSKI (3)

1. URGENCES SAMU SMUR, Ch Périgueux, PERIGUEUX, France 2. URGENCES SAMU SMUR, Ch Périgueux, Périgueux, France 3. URGENCES SAMU SMUR, CHU BORDEAUX, BORDEAUX, France

Diffusion le 05/06/2019

Introduction : La douleur représente actuellement 70% des motifs de recours aux urgences. Si l’antalgie doit être optimale, de nombreux freins persistent et l’oligoanalgésie perdure. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer la nature et l’efficacité de l’analgésie utilisée aux urgences.

Méthodes : Il s’agissait d’une étude observationnelle rétrospective et monocentrique réalisée sur 1 mois. Les critères d’inclusion étaient les patients de 18 ans et plus admis aux urgences et se plaignant d’une douleur aiguë modérée à sévère, mesurée avec une échelle numérique (EN) et définie par un niveau égale ou supérieur à 4/10 .La douleur sévère était  définie par une EN supérieure ou égale à 6/10. Les critères de non-inclusion comprenaient tout patient comateux, présentant une détresse vitale ou polytraumatisé. Le critère de jugement principal était l’intensité de la douleur à la sortie des urgences. L’analyse uni puis multivariée devait permettre de mesurer l’association entre différentes variables étudiées et le soulagement définie par une EN inférieure ou égale à 3/10 avec l’aide d’un modèle de régression logistique.

Résultats : 517 patients ont été inclus (70% d’exhaustivité), l’âge moyen était de 46 ans (écart type = 21) et le sex ratio F/M de 52%. Les motifs de recours étaient traumatiques dans 41% des cas. A l’arrivée aux urgences, l’EN médiane était égale à 7 [Interquartiles 25 -75 = 5-8] et de 3 [1-4] à la sortie des urgences. Au total, 66% [Intervalle de Confiance 95% : 62 ; 70] des patients avaient une douleur sévère à l’arrivée aux urgences mais à la sortie, seuls 63% [IC 95% : 59 ; 67] étaient soulagés. Dix pour cent des patients avait reçu un opiacé, 19% (N=96) n’avait pas reçu d’antalgiques. En analyse multivariée, les variables associées ou non au soulagement de la douleur étaient le sexe féminin, odds ratio (OR) à 1,7 [IC 95% : 1,1 ;2,5], l’absence d’antalgique administré, OR à 2,7 [IC 95% : 1,5 ;4,9], une douleur sévère à l’arrivée, OR à 2,7 [IC 95% :1,6 ;4,1] et une durée de passage inférieure ou égale à 3 heures, OR à 1,6 [IC 95% :1,1 ; 2,5].

Conclusion: Plus d’un tiers des patients n’est pas soulagé à la sortie des urgences. Quelques éléments d’amélioration ressortent de ce travail comme proposer systématiquement une analgésie à tous les patients douloureux, renforcer l’utilisation des opiacés pour les douleurs sévères et ne pas laisser sortir les patients algiques.

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