FC256 - Estimer la fréquence et la prise en charge des violences conjugales chez les femmes consultant aux urgences

Flash Communication

Lindsay Detavernier (1), Juliette Masse (1), Etienne Le Joubioux (1), Eric Wiel (2)

1. Urgences, Centre Hospitalier de Lens , Lille, France 2. Urgences, Centre Hospitalier de Lille, Lille, France

Diffusion le 06/06/2019

Introduction:

Selon le rapport mondial de l'OMS en 2013, un tiers des femmes ayant eu une relation de couple a subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de son partenaire intime. Chaque année, en France, 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Les urgentistes sont au premier plan pour prendre en charge ces victimes, consultant pour des motifs variés. Il existe de nombreuses difficultés à leur prise en charge, avec des médecins peu formés sur ce sujet. L'objectif principal de cette étude était d'estimer la fréquence et la prise en charge des violences conjugales chez les femmes consultant dans notre SAU.

Méthode:

Étude épidémiologique descriptive, monocentrique, réalisée du 08/01/2018 au 04/02/2018. Un questionnaire anonyme était distribué 24h/24 à toutes les femmes majeures consultant dans notre SAU, quel que soit leur motif de consultation. Les critères d'exclusion étaient les femmes mineures, incapacité de compréhension, ne lisant pas le français, ou urgence vitale. Cette étude a fait l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL. Nous avons réalisé des statistiques descriptives.

Résultats :

Deux cent soixante-dix patientes ont été incluses. 30 patientes (soit 11,1%) consultaient aux urgences suite à des violences conjugales le jour de leur inclusion dans l'étude( 90% des cas violences verbales, 93,3% violences physiques et 26,6% violences sexuelles). On comptait 83 patientes soit 30,7% ayant été victimes de violences conjugales au cours de leur vie, dont 57,8% avaient déjà consulté aux urgences pour ce motif (dont 32,7% ayant eu uniquement recours aux urgences). Les patientes recevaient comme soins aux urgences dans 48% des cas la rédaction d'un certificat, 22,9% un entretien psychologique et 10,6% un entretien avec une assistante sociale. Parmi les victimes de violences conjugales, 66,6% d'entre elles étaient favorables à un dépistage systématique des violences aux urgences.

Conclusion :

Cette étude conforte l'idée que les urgences sont un des premiers recours pour les femmes victimes de violences conjugales. Il reste de nombreux progrès à réaliser en termes de dépistage et de prise en charge de ces victimes. Reste à savoir si les urgentistes sont prêts au dépistage des violences conjugales et à l'amélioration de leurs pratiques.

Tags : violences conjugales urgences