FC075 - Doit-on former nos infirmiers militaires à l'échographie? Enquête préliminaire

Flash Communication

Nicolas Cazes (1), Guillaume Comat (2), Anne-Sophie Pitel (3), Jean-Guillaume Meusnier (4), Marc Bascou (5), Coline Montigon (6), Aurélien Renard (7), Rémy Dubourg (8)

1. service médical d'urgence, Bataillon de marin-pompiers de Marseille, Marseille, France 2. Service de santé des Armées, Centre médical des armées de Marseille - AM Calvi, Calvi, France 3. Service de santé des Armées, Centre médical des armées de Strasbourg - AM Sarrebourg, Sarrebourg, France 4. Service de santé des Armées, Centre médical des armées de Grenoble-Annecy-Chambéry - AM Varces, Varces, France 5. Service de santé des Armées, Centre médical des armées Bordeaux-Mérignac - AM Nansouty, Bordeaux, France 6. Service de santé des Armées, Centre médical des armées de Strasbourg - AM Phalsbourg, Phalsbourg, France 7. service d'accueil des urgences, Hôpital d'Instruction des Armées Sainte Anne, Toulon, France 8. Service de santé des Armées, Centre médical des armées de Marseille - AM Nîmes-Chabrières, Nîmes, France

Diffusion le 06/06/2019

Introduction: en opérations extérieures (OPEX), il n’est pas rare que l’infirmier militaire (IM) soit amené à soutenir seul des militaires en zones isolées. À l’heure où dans le civil, les infirmiers de pratique avancée vont bénéficier de compétences étendues, nous avons interrogé les IM sur leur volonté à être formé à l’échographie clinique (EC). Matériel et méthode: étude observationnelle transversale multicentrique réalisée du 1er novembre 2018 au 1er décembre 2018 incluant tous les IM déployés sur l’opération Barkhane durant cette période. Le questionnaire, envoyé par mail, visait à décrire la volonté des IM d’être formés à l’EC. Leur avis sur l’utilité de cette formation, les situations et les cibles échographiques leur paraissant les plus profitables ont également été étudiées. Enfin les éventuelles formations échographiques déjà effectuées et la présence d’échographe disponible dans leur environnement de travail étaient recherchées. Les questionnaires étaient anonymes. Résultats: 30 questionnaires sur 34 ont été remplis. En moyenne, les IM avaient 7,4 ans de pratique et avaient déjà effectué 3 OPEX. 73% avaient un cursus exclusivement dans les forces, 10% uniquement à l’hôpital et 17% mixte. Trois IM ont déclaré avoir été formés à l’EC et 6 en avoir déjà réalisé. 96% des IM non formés souhaitait l’être. Vingt-neuf (96%) IM considèrent qu’il y a une plus-value à ce qu’ils sachent faire des EC, tout particulièrement en OPEX et en poste isolé sans médecin. Le FAST (Focused Assessment with Sonography for Trauma), l’échographie pleurale et de l’appareil urinaire sont, dans l’ordre, les cibles qui leur paraissent être les plus utiles. Enfin, 90% des binômes sont déjà équipés d’échographes. Discussion: La quasi-majorité des IM sondés souhaitent être formés à l’EC dans le but d’améliorer la prise en charge de leur patient dans les situations où ils se retrouvent seuls ou en situation dégradée. 20% des IM a déjà réalisé des échographies après apprentissage par compagnonnage avec les médecins qu’ils côtoient en métropole et en OPEX. Ils ne souhaitent pas devenir échographistes mais réaliser certains examens bien précis après une formation dédiée et agir dans le cadre de protocoles. Conclusion: les IM sont dans l’extrême majorité des cas intéressés par l’apprentissage de l’EC. Une formation avant leur départ en mission pour des cibles simples et rapides d’acquisition serait aisée à mettre en œuvre et probablement bénéfique pour le patient, l’IM et son médecin.

Tags : échographie formation infirmier médecine militaire